Trajet de ce premier roadtrip

 

Départ: le 4 octobre 2020

Retour : le 18 février 2021

 

Etape 1: J’arrive pour un premier wwoofing en Auvergne (Allier), je suis très surprise car clairement l’annonce ne correspond pas du tout à ce qui est proposé. Promesse: aquaculture, permaculture. Réalité: comptabilité, emballage de colis et échantillonnage. Des conditions à la limite de l’insalubre… Les bassins d’aquaculture se révèlent être des aquariums avec des poissons chats… Une chance, je tombe chez une personne très gentille et généreuse. Aujourd’hui, avec du recul, je suis reconnaissante car c’est grâce à ce premier woofing que j’ai pu réaliser mon road trip car ce fut mon moteur de départ. Toutefois, après 5 jours, je pars. Pas de réseau, couchage moyen et saleté relative, le tout près d’une nationale ne me rassure pas. Je pars alors à l’aventure quelques jours en voiture uniquement et je descends sur Thiers, Ambert et la Chaise Dieu. Le temps est exécrable… Je me prends la pluie et le froid de plein fouet. Je décide de partir en creuse.

 

Vue sur les Puys

 

Petit coin de nature pas loin d’Ambert

 

Première petite pause 

 

Etape 2: Des pluies diluviennes nous tombe dessus et je fais, très fatiguée, 3h de route pour arriver en Creuse. Ce qui me frappe, la verdure sauvage, j’ai l’impression d’arriver au Canada par la densité de nature. Je suis logée dans une petite maison en pierres du pays qui rend la vie des habitants assez rude car si elles sont solides, elles sont aussi difficiles à chauffer. Je suis pas loin du lac de Royère que l’on appelle d’ailleurs le « petit canada ». Je réalise alors ce que j’ai mis en route, je fais le point avec moi-même sur pas mal de choses. Les gens sont très gentils et l’automne magnifie la région. Je visite un peu les alentours. J’y resterai 3 semaines. Sentant le deuxième confinement arriver, je commence à chercher activement la prochaine destination et je trouve une cabane dans les arbres dans le Tarn!

 

Le lac de Royère avec des airs de Yukon lol 

 

Etape 3: J’ai un jour pour aller vers ma destination avant que le confinement ne tombe, mon GPS me détourne et je repasse par Clermont Ferrand… Ce fut le trajet le plus dur de mon voyage car immensément long! Le Tarn est très vallonné et je ne trouve pas directement ma destination. Je suis épuisée et je fini presque dans le décor. J’arrive éreintée à Curvalle. Je rencontre Barbara qui me mène à une caravane installée dans les arbres et habillée de bois. Le travail effectué est juste magnifique. Je me lève le matin dans une carte postale, le soleil brille et il fait chaud en cette fin octobre. C’est vraiment à cet endroit que je réalise que je n’aurais jamais pu vivre tout cela même en payant. La joie me gagne. Taran kiffe l’endroit même si nous pouvons entendre les renards au loin. Nous nous confinons dans un endroit idyllique où j’aide à nettoyer les écuries. Nous passerons environ un mois sur place. L’ennui commence à me gagner car avec le confinement, pas moyen de trop voyager. Autre soucis, le froid!! Malgré le chauffage, la chaleur monte et je me caille… Je veux aller dans les Pyrénées rejoindre mon ami de voyage qui lui est là bas depuis 2 mois.

 

 

 

 

Etape 4: Nous arrivons chez Phillipe aux jardins du Lac dans les Hautes Pyrénées pour cette fin de confinement. Phillipe est un maître feng shui qui m’apprend pas mal de choses et je loge dans une de ses chambres d’hôtes. Je prospecte son terrain et nettoie sa grande demeure énergétiquement. Je touche à un domaine que j’avais laissé de côté. Je prends aussi le temps de travailler ma société car ici, j’ai enfin une connexion valable. Taran a un énorme terrain pour se promener et il y a une belle petite rivière très zen et une pagode pour aller méditer. J’en profite pour aller voir les Pyrénées de plus près dès que le confinement est levé. Je passe vite en Espagne en Aragon qui n’est pas fermé. J’ai de très beaux échanges avec Phillipe mais il est temps de passer à autre chose! En route vers Perpignan.

 

 

Voiture assez atypique à Aurignac ^^ 

 

Les Pyrénées à la frontière espagnole 

 

Etape 5: Nous arrivons à Perpignan, chez Sandrine, une amie d’une amie qui nous laisse son appart. Et je suis super contente car je verrai au moins un marché de Noël et de la décoration compte tenu de la période. Par contre, je me sens confinée dans la ville. Les embouteillages sont fréquents. Malgré que nous sommes dans un très bel appart et seuls, je sens les énergies très basses de la ville me peser dessus. La pollution, les voisins bruyants, l’insécurité ambiante, le masque à outrance… je me rends compte que la ville n’est plus du tout pour moi. Pour Taran c’est une première car il n’a jamais connu l’appartement mais il est super sage et conciliant. J’essaye de le porter dans sa niche sac à dos plusieurs fois mais il préfère encore rester à l’appart ^^ Je visiterai beaucoup: Céret, Collioure, St Cyprien, Tautavel, Leucate. La profondeur de la Méditerranée me scotche. Il faut avouer que c’est magnifique. Pourtant je passe les pires jours de mon voyage là bas. A Céret, je tombe d’un flan de colline et me retrouve prisonnière en bas d’une cascade, je dois alors escalader la paroi pour remonter, autant dire qu’on revoit ses priorités après un tel épisode. Je me sens régresser et alourdie sans comprendre. Je fais des soucis de santé. J’y passe Noël seule mais Nouvel An avec les voisins du dessus que je ne connais pas et qui sont très gentils et m’offrent des fruits de mer xD je cherche désespérément à partir et je trouve un plan dans les deux Sèvres.

 

La décoration de Noël de Perpignan

 

Paysage à Colioure

 

La plage de Saint Cyprien avec les Pyrénées dans le fond

 

Les gorges du Gouleyrou à Tautavel, pour le moment, le plus bel endroit que j’ai vu jusqu’à présent. 

 

Etape 6: Nous partons dans les Deux Sèvres pour 15 jours. Mais avant, nous goutons au couchsurfing en nous arrêtant chez Véronique, une nomade qui est depuis 4 ans sur la route et avec qui, en peu de temps, j’apprends beaucoup! Elle fait partie de ces rencontres détonantes dont l’Univers seul à le secret. Nous continuons vers la Rochelle, je me retrouve avec une personne très psychorigide, une chambre sans chauffage où il fait trop froid pour moi travailler. On est revenu 100 ans en arrière. La personne que je rencontre passe son temps à sauver de la déchetterie tout ce qu’il peut mais n’en fait rien. Gentil mais peu commode au final car je ne pouvais pas utiliser mon téléphone en sa présence…de peur que le gouvernement nous écoute à à travers celui-ci. Certes, sauf que mon téléphone c’est mon gagne pain car je gère ma société. Nous nous prenons la tête à ce sujet. Le lendemain, je vois bien qu’il n’est plus en joie ni à l’aise avec ma présence. Pour ma part, je commence à manquer de ressources et après une journée de pluie, la chambre est humide… Je décide de prendre un Air BNB en urgence à Erdeven, endroit que je connais fort bien. Je pars après 3 jours et je commence à déchanter du wwoofing. Mais je remercie cette personne car c’est grâce à cet épisode que j’ai compris que ma place était en Bretagne et que c’était là, durant mon enfance et adolescence que je m’étais construite! S’engage alors 10 jours de prospection énergétique dans les menhirs où je jouis d’une connexion spirituelle de ouf! Taran lui gambade dans les landes bretonnes.

 

Les alignements de Carnac

 

Paysage près du dolmen du Mane Croc’h

 

Selfie à Kerlescan

 

Etape 7: Nous voici partis vers les Côtes d’Armor pour l’épisode le plus mouvementé de notre voyage! En effet, nous tombons chez un hôte peu présent qui a accepté toutefois 3 wwoofeurs. Très fatiguée, je n’ai pas la force de me positionner face à un wwoofer très envahissant, surtout j’en vois pas l’intérêt mais forcément, cela faisait des ambiances très lourdes. L’hôte lui même ne se positionnant pas face aux comportements très compliqués de cette personne sous traitements psychiatriques. Quand une nouvelle wwoofeuse arrive, pétillante et de bonne humeur, je me réveille un peu. Les taches sont physiques et je n’ai plus de motivation. Je me rends compte que je voudrais plus fonctionner en solo. L’hôte vient alors me trouver pour me dire qu’il ne désire pas que je reste, ni l’autre wwoofer d’ailleurs compte tenu l’ambiance compliquée pour garder la dernière personne arrivée et qui a fait exploser la situation… Je trouve cela pas juste du tout car justement je cultivais la patience. Il me dit que je peux rester le temps que je trouve autre chose, mais comment rester quelque part quand on vous dit qu’on ne veut plus vous voir? Je décide de partir le lendemain sans savoir du tout où aller. Mais je fais confiance à l’Univers qui me trouve 2h après un air bnb sur Paimpol! Je mets quand même quelques jours à me remettre de cette aventure… Taran lui découvre encore un nouveau logement.

 

Vue avec l’île de Bréhat au loin

 

Photo de maisons anciennes à Trégor

 

L’abbaye de Beauport

 

Etape 8: Dernière destination avant de revenir dans le Nord, nous allons à Rouéssé-Vassé dans la Sarthe où nous faisons notre plus belle rencontre du voyage avec Gabriel et Danielle. Nous sommes logés dans une yourte décorée avec goût qui sert à des prestations de massages. Il neige à gros flocons. Très très éreintée émotionnellement, je ne me sens plus capable d’aider aux tâches. Je propose alors de rémunérer contre le logement. Je découvre la médecine tibétaine et le massage qui va avec et qui me permet de réparer des facettes de mon féminin. J’en profite pour faire une nouvelle paire de lunettes, prendre soin de moi car ça se voit que j’ai encaissé. Et surtout, 10 kilos de pris sur la route lol j’avoue je m’y attendais pas, moi qui pensait au contraire que j’allais fondre XD LE choc est rude. Je sens que j’ai fait le tour et je décide de rentrer dans le Nord où je dois revenir pour régler plein de choses et un peu bosser. Je retourne alors sur Ghyvelde pour me poser et faire le bilan de 6 mois d’aventures!

 

 

 

 

 

CONCLUSION

 

Je ne regrette pas un seul instant d’avoir fait ce choix même si, au départ, il y avait la peur de partir dans l’inconnu. J’ai appris sur moi en 6 mois autant qu’en 2 ans! C’est de l’apprentissage accéléré et surtout j’ai développé à son maximum le lâcher prise et la pensée créatrice. Je n’ai plus peur car je sais que je peux créer tout ce que je veux, je suis libre de tous mes choix.

 

Taran lui aussi s’est dépassé et a pris confiance en lui. Il a transcendé ses peurs et il est devenu un compagnon de route aussi présent qu’une vraie personne. Notre relation s’est approfondie encore plus. J’ai eu la chance qu’il ne m’a causé aucun souci et comme je le disais parfois en riant, j’ai fait plus de bêtises que lui qui n’a jamais fait ses griffes sur aucun des canapés que l’on a rencontré. Je pouvais le lâcher sans peur, il revenait toujours. Il m’a bluffé. Bon, la voiture n’est quand même pas ce qu’il préfère.

 

Quant à l’expérience humaine, je me suis fais des amis sur la route. J’ai aussi eu des rencontres assez compliquées mais qui permettent de travailler sur soi émotionnellement et qui m’ont permis de mieux me connaître et comprendre mes besoins. Je sais donc aujourd’hui que le wwoofing n’est pas pour moi et la notion de communauté non plus.  Je suis une solitaire qui aime être entourée. Le soucis du wwoofing c’est vraiment le manque de contrôle de la plateforme. J’ai pu rencontrer plusieurs fois de fausses annonces ou des annonces incomplètes. Le site est axé écologie et on rencontre beaucoup de personnes révoltées contre le système, en colère qu’on ne leur laisse pas leur liberté alors qu’ils font de même avec les gens qu’ils accueillent. Certains pour moi vont trop loin dans la démarche d’autonomie mais je pense que c’est symptomatique d’un déséquilibre psychologique plus qu’autre chose (blessure d’injustice, rejet, trahison etc). Beaucoup de complotistes en manque de discernement aussi…  Et ayant du mal avec le fait qu’on ne pense pas comme eux. C’est là aussi une aventure humaine car pas mal prennent la fuite mais ne règlent pas leur mal être.

 

Mais au delà de ça, je vous rassure, je me suis aussi fait plein d’amis et j’ai appris pas mal de choses nouvelles. Peut être que la saison n’était particulièrement pas bien choisie car je m’attendais à plus bosser que ça et quand le moment est arrivé pour ça, j’étais exténuée par les changements d’endroits successifs (décharger recharger). Parce que j’avais clairement beaucoup trop chargé la bagnole (erreur de débutant m’a t on dit à plusieurs reprises lol). Je ne suis jamais arrivée à faire des wwoofings d’élevage qui étaient pris d’assaut. Car oui, autre grosse surprise, le wwoofing est prisé en toutes saisons et je devais faire au moins 5 demandes en même temps pour avoir une réponse positive, quand celle-ci n’était pas annulée en dernière minute et que je devais tout reprendre à zéro. Ca a été le plus gros stress du voyage.

 

Au passage, il faut être très clair sur le fait que si vous partez avec plein de choses à régler, le voyage vous aidera à y mettre définitivement fin car ne croyez pas que vos dossiers resteront sagement d’où vous partez, les bougres vous suivront et prendront des formes différentes. Pour ma part, le voyage a avant tout été formateur. Vous êtes en mode liberté totale ce qui vous permet de tout expérimenter sans pression. Je me rends compte que mon voyage a été complètement initiatique avec une essence spirituelle. Et je ne pense pas que tout le monde rencontrera ce que j’ai rencontré. Car une fois de plus, loi d’attraction!

 

J’ai compris que nous devons revoir notre notion de confort mais pas retourner à l’âge de pierre comme j’ai pu le voir parfois. En tous cas c’est ce que je ressens pour moi. Pourquoi se priver des bienfaits de nos créations? tendre vers la modernité ce sera trouver des carburants propres et qui dépollueront au passage notre planète mais se priver de la technologie pour revenir dans les souffrances d’antan, je ne vois personnellement pas l’intérêt. Sur ma route, j’ai pu croiser des systèmes simples et pratiques: frigo du désert, toilettes sèches, maison autochauffante, etc. Le terrain est plus complexe que ce que l’on se fait derrière son écran où on a tendance à idéaliser.

 

Gros point positif, je n’ai carrément pas ressenti la crise sanitaire car là où j’étais, perdue en campagne, nous ne voyons pas de gendarme. Les gens vivaient en autonomie entre eux et dans une bonne ambiance. Pour la plupart, nous n’étions pas dans la peur du coronavirus et il ne m’a donc jamais empêché de trouver un foyer chaleureux et de partager avec mes pairs. Nous nous retrouvions entre nous. Et vous savez quoi? Je n’ai jamais rencontré de covidé ou de malade du covid non plus et moi même, je n’ai rien eu!

 

(j’ai déjà perdu 5 kg sur les 10 de pris krrr les arrêts aux boulangeries pour goûter les savoirs faire des régions ne m’ont pas portés chance lol )

 

Toutes les vidéos du voyage sont ici

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